3.6.09

Falloir et Aller

Oh, je ne vois pas pourquoi je m’en faisais; ou plutôt, je me suis trompée de motif à me les faire. On s’en fait pas pour ça; si je m’y compare, j’ai bien suffisamment la taille. C’est tous les trucs de courses et d’haleine, pour lesquels faut s’en faire.

S’en faire, mais de quoi au juste; de la bile! Et bien amère. Question qu’on mutte nos falloir en aller. Remarquez, d’ailleurs, que le verbe falloir tel qu’employé en sa forme la plus courante est construit à l’aide de l’emploi passif du verbe être en latin, alors que le verbe aller, lui, ne connais même pas de forme passive. Je trouve ça révélateur, question conditionnement par le langage. Il faut que je m’en fasse (de la bile) : passif. Je vais le faire : actif. C’est dans la grammaire, comme le reste.

Parlant de s’en faire, de l’haleine, je suis allée courir hier, mais pas parce qu’il le fallait; quel bien fou il en est résulté! Enfin, je serai plus intégralement compartimentable pour le désir des hommes!

Ah oui, la belle imposture, ça. On m’en fait, des yeux. On y va même avec la tendresse. C’est vaguement repoussant. Oh, c’est pas à cause des initiateurs de ces sentiments, pas non plus directement, à cause de la passivité avec laquelle je subis cette application de leur intérêt à ma personne. Ou enfin, c’est bien ça, mais en déguisé; j’ai la sensation lancinante d’être au sein d’une vaste supercherie. Car en vérité, il ne s’agirait pas de moi. Trop d’actions/réactions non concordantes selon l’expérience que j’en ai eue. Mais comme il sonne, l’appareil! Pire qu’un moniteur néonatal. Mais comme je suis fascinante!Parce que, n’est-ce pas, n’importe qui qui ferme sa gueule et saisit assez juste pour le signifier au moment pertinent devient un être de prix. Quelle écoute! Quelle intelligence!
Je prends bien soin de ne pas me laisser échapper. Pas qu’on y découvrirait quelque chose. Quand je m’oublie, je ne tarde pas à me rendre compte qu’on n’avait pas remarqué.
« Et moi et moi et moi ». Ou un moment de silence; laissez tremper dans Javellisant MC pour désincruster la tache.
Mais la tache la tache la tache, peut-elle vraiment disparaître? Est-ce qu’on la devine ou pas? Il me semble impossible qu’on puisse s’attacher à autant d’insipidité bien récurée. Tout le monde aime son reflet dans la casserole, j’dis pas…
C’est aliénant, que diable, être aimable! Ça me tue, là! Bon! Je ne la connais pas, moi, cette vague cruche! Qu’est-ce qu’elle à, à vouloir me posséder? Elle m’évide pour prendre la place! Elle m’étouffe, elle vous absorbe trop! Vos débordements!
Je me le façonne mon malheur, je sais bien. C’est les verbes falloir et aller, je les dose mal.

2.5.09

5.4.09

Clics V

Je l'avais dit, oh oui, que je prendrais un coup à la santé de Moebius, oh oui. J'ai traîné dans le remugle triste de mon inertie et de mon apostasie envers l'avenir tout le samedi.
***
Mais dites, il y a une voix qui émerge ces temps-ci. Je la sens bien, cette voix. Petite chose grêle, bourgeon pas sûr... Ah mais je ne peux plus l'empêcher. Ah mais je ne suis plus seulement qu'une irréfléchie-émule. Je patauge dans la cacophonie comme si c'était bel et bon.
***
Vous savez le professeur qui me trouve comique? Je lui ai écrit un sonnet, mais alors là si mauvais, que de frayeur, il a reporté la date d'échéance du travail final. Oui! Il a fait ça. Il a cependant fait suivre ladite mauvaise choses rimée à tous mes collègues de classe; je suppose que c'est le prix à payer. Presque pire que quelqu'un qui regarde vos plus laides culottes dans le panier de lavage, quand les calendes ont débordées...
Mais un gârçon m'a envoyé un Hymne* en remerciement, quelque chose de joli et ouvragé, une petite ciselure, Sakyâ-Mouni pour ceux qui savent de quoi je parle, j'ai rougi de confusion, de honte ou de plaisir ou tous mélangés, jusqu'à mes organes érectiles, aussi petits soient-ils, ils n'en bandent pas moins.
***
À la bibliothèque de l'UdeM, Miron est d r e t t e ** à côté de Mistral. Il y avait, occurence moins fréquente qu'on ne le pense, un tabouret dans la rangée. Je me suis assis dessus et j'ai fixé la tablette, avec une totale absence d'intelligence qui me remplissait la boîte. (Je résiste à la citation... nnng et puis non, je ne résiste pas:
" moi je gis, muré dans la boîte crânienne

dépoétisé dans ma langue et mon appartenance

déphasé et décentré dans ma coïncidence"

Je n'arrivais pas à me formuler une pensée. J'étais toute contemplation.

***

D'ailleurs, parlant de Miron, j'ai tellement une réplique complètement génialement de béton irréfutable pour la personne qui aime pas les Génitifs. Est-ce que la personne qui n'aime pas les génitifs se reconnaît? Si oui, elle est invitée à nous écrire, à l'adresse suivante; CASE POSTALE-- (mais non... par courriel) parce qu'on voudrait la citer dans notre travail. Si elle ne veut pas, on la paraphrasera, voilà tout.

***

Il paraît que j'ai bu toute la semaine passée, et peut-être celle avant; on me l'a dit. Ce n'est malheureusement que trop vraisemblable. Je ne dis que vraisemblable, parce que la consommation d'alcool dérange mes facultés mémorielles, et que je ne peux donc pas l'attester de première main (ou voix. Ou vue. Je ne sais.) Évidemment, je pourrais prétendre que cette corrélation est en fait la mineure nécessaire d'un syllogisme; mais ça ne serait ni vrai***, ni honnête. Je me fie donc sur le témoignage d'un tiers, que je suppose sans intention ni motivation pour me tromper à cet effet. Donc, sans doute, bois-je quasi-quotidiennement depuis quinze jours. J'arrête, je vous le promet.

*(C'est là un mot épicène, ou hermaphrodite, ou plurisexuel si vous préférez, qui possède les trois genres, même celui qui n'existe plus en français, à savoir le neutre. Je l'ai mis au masculin pour faire coïncider avec le sens que Bob m'indique être le plus probant.)

** J'y pense encore. Il paraît qu'il n'existe même pas. Mais son identitée ne m'intéresse pas autant que sa réalité corporelle.

*** Baobabs, tours, épingles, piliers....

2.4.09

Clics IV

J'ai été payée; oh oui, oh oui! Moebius peut être sûr que je bois un coup à sa santé.
***
L'idée fixe me hante. Heureusement pour moi, ma mémoire est une pierre ponce qui émousse sans précipitation les saillies acérées de ce souvenir.
***
Je lui jette en pâture mes ventricules, présentées sur une tablette ligneuse, découpées en tendre morceaux de sashimis. Il les dévore. Qu'il ne se plaigne pas si je le traite impitoyablement ensuite. Toute ma pitié s'est faite piler par un petit organe doux, agile et bardé de fer.
***
Combler les trous, c'est faire un choix. Les laisser vides et obscurs aussi. L'indécision n'est que l'état infiniment inconfortable entre le doute et la profession de foi. À moins qu'on fasse du doute son point de vue. C'était à la mode il y a un demi-siècle et comme on le sait, je suis toujours en retard.
***
Il y a quelque chose de touchant dans la laideur, peut-être plus que dans la beauté. La beauté est une construction, un assemblage de critères, cochez-s'il-y-a-lieu. La laideur, c'est cet échec émouvant à plaire initialement.
***
Une opinion, ce n'est peut-être que le vêtement que se choisit une identité, pour le moment.
***
L'aphorisme ne me sied guère.
***
La préciosité n'a peut-être été si malmenée que parce que c'était le constat lucide de femmes dans un siècle ou elles étaient placées dans le conflit entre leur détermination et leur être. Le compromis résultant a été conspué peut-être non pas pour sa réelle valeur esthétique mais simplement pour son honnêteté malaisée.
***
Son iris était si bleu qu'il m'a donné une hypothermie.
***
Un signe est-il immuable? Moi je pense que non, mais ce n'est peut-être que l'effet de la mode.
***
La soif, après le boire, est inextinguible.

30.3.09

Finalement j'ai pas de coeur :

""Fuck me encore mon animal
Fourre moi mon corps
La chair, le muscle et le mâle
Électrisent ta poigne d r e t t e
Tu prends et tu rues;
Pantèle et râle de renfort.

Touche moi encore, ma bête
Prédateur d’albâtre
Tâte toute ma peau
Que le métal de tes anneaux
Frotte la langue folâtre

Encore, me pénètre
Fais moi le toute la nuit
Presse-moi sur quatre-vingts mètres
Étends moi ce qui luit
D’un pouce sévère
J’humecterai ton pavillon
Retrouve ! ""

25.3.09

Clics et blops existenciels.

D'abord les clics, parce que c'est davantage drôle:
ABONNEZ VOUS À MOI. Pourquoi? Parce que j'ai définitivement les meilleurs abonnés.
***
Quelle est l'étymologie de "qu'in"? Peut-on dire que le système vocalique des Radio-Canadiens fonctionne davantage sur un système de durée que de timbre? Est-ce que ça a quelque chose à voir avec leur mirifique cafétéria?
***
Ces temps-ci, je croise des gens auxquels j'ai pensé la veille. J'entend aussi des blagues qui font références à des rêves que j'ai eu quelques nuits plus tôt [par exemple, dans un rêve de y'a deux nuits, mon père voulait m'appeller "Denis". Pis là, aujourd'hui, j'entends dans le corridor du huitième étage une medame de l'asso de (C)litt qui se fait traiter de Denis par l'espèce de pas fin qui s'arrange toujours pour me lancer des craques pas assez audibles pour que je puisse y répliquer dans une optique conversationnelle, juste assez pour me faire chier, j'suis à veille d'amener ma tapette à mouches à l'école pour y sacrer deux trois ptits coups sul'chapeau la prochaine fois. Parce que JE LE SAIS que ça se fait pas un double négatif ostie c'tait une blague reposant sur la matérialité du langage si tu veux me bitcher fais le DIRECTEMENT ostie de LÂCHE qui se remonte son ego incertain en prouvant sophistement la pseudo-supériorité de son intelligence pas convaincante CHRIST. Bon. Ouf.]
***
Maintenant les Blops;
L'autre jour dans rue.
Type louche derrière moi. D'abord, je me sentais déjà affolée, sur les frises de la paranoïa pour les raisons que l'on va voir dans le Blop suivant. Il ronchonne, inaudiblement (lui aussi le CÂLICE--(finalement le dernier clic était un hybride de blop)) , des affaires vraiment étranges. Je ne les comprends pas; c'est des mots séparés, prononcés sur un ton hargneux, de vindicte, même.
J'ai lu assez de rapports d'enquêtes sur les viols dans ma vie pour savoir quoi faire dans pareille situation; d'ailleurs ma tactique fonctionnait aussi comme une tentative de psychothérapie visant à faire face à mes peurs.
Je me suis, donc, rangée sur le côté et je l'ai fixé dans les yeux en attendant qu'il me dépasse. J'avais calculé que c'était la chose la plus prudente à faire, étant donné le nombre de quidams pédestres présents sur les lieux.

Et là ça devient franchement kafkaesque.

Nous marchons à la file. Je suis maintenant derrière.

Il se retourne en ambulant toujours, et il m'interjecte: "T'as tu peur que j'te saute dessus, kâââlice?"

Je réponds pas. Je le regarde dans les yeux.
La marche continue.

Il se retourne alors de trois-quarts vers moi, pour me dire:
"J'ai-tu l'air d'un agresseur sexuel, stie"
Je ne réagis pas. Lui fixe l'orbite, encore. Je commence à être troublée de voir que la portée de mon geste a été si clairement entendue. Anyway, je reste de glace.
Marche en file.

Il se revire vers moi pour la dernière moi, et maintenant seulement à demi.
"J'ai fait d'la prison, mais pas pour agression sexuelle!"
Même manège de ma part. Il finit par changer de trottoir (c'est son dernier quartier et la nouvelle lune de notre échange).
...Doude!
***
J'ai rompu avec P-L.
Le feeling? Pareil que dans La Prisonnière*, et ensuite Albertine Disparue*. Je ne suis pas dévastée, mais j'avais pas prévu l'étendue réelle de ma tristesse de maintenant.
Vous savez, à force d'être partagée dans mon éternel conflit entre la vision que les autres ont de moi, la mienne qui rejette la leur ou qui doute ou qui tente de voir ce qu'il y a sous leurs jugement et mon miroir posé devant mon reflet établi par mon regard et autres-considérations, il vient un moment où j'arrive à être complètement étonnée par des émotions pourtant bien prévisible, et de rester coite devant la réalisation que je suis moins monstrueuse que je crois qu'on ne me fait.
Tu vois maman? J'ai-un-coeur-je-penses-aux-autres. Je sais que tu vas me sortir le discours tout contraire.
Pas envie de me battre avec tes croyances sur moi, j'ai décidé que c'était surtout du dogme, bref, de l'essence imposée, et je me veux toute transcendance délibérée, dans la mesure du possible.

J'ai eu de la peine de faire de la peine. J'ai douté, doute encore de ce que je voulais et veux. Mais j'admets que je désirais, avais besoin de cette solitude.
***

*Proust. Pis moé j'capitalise mes titres à l'anglaise (et à la Romantique). Empêchez-moi donc, pour voir!

23.3.09

Clics existenciels II

Le professeur concupiscent remet ça.
Lui: "Je n'égare jamais les copies de mes élèves, sauf dans mes cauchemars..."
Moi: "Justement, dans les miens aussi"
Lui: Grand éclat de rire et: "Elle est bonne!!".

...Hein? C'était drôle c'que j'ai dit?

Mais j'avais presque un décolleté. Ce n'est pourtant pas tant la craque de sein, d'après moi, que les lunettes.
***
Il paraîtrait que je peux obtenir le même effet de béatitude incroyable que je ressens depuis LE vendredi sans l'illégalité, et cela en me procurant du 5HTP. Sérotonine, je t'aime. Parler aux humains, je t'aime.
***
J'ai 23 ans et maintenant, je suis capable... de faire des choses.
***
Serait-il possible qu'il n'y ait pas que de la propagande commerciale dans cette urgence de tous les sport-experts à nous recommander des beuhönnes choüssure de coürss'? J'ai si fucking mal à la hanche.
***
Je me méfies encore, mais ça me dérange moins.