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15.10.08

Flotter dans le vide (pis en estie)

Pourquoi il ne faut pas parler de ce qu'on connaît imparfaitement:

Marc Garneau me suit. Ce qui est incroyable, c'est qu'il s'est jadis planté dans mon originel patelin de ploucs et qu'il soit ensuite élu avec un excellent pointage dans ma patrie d'exil.
L'ancien astronaute reconvertit en politicien a donc eu le mauvais goût supplémentaire de me faire subir sa personne par deux fois.
Qu'entends-je par subir?

Eh bien, premièrement, il est difficile de ne pas grincer de la molaire en lisant ce qui semble une dissert' en 3 arguments rédigée par un cancre de John Abott et constitue, en fait, la vision de mon Candidat Vedette. Pour en reprendre une des locutions aussi rafinées que pure dans son français, ça fait effectivement beaucoup de sens, (voyez comme la signification me transcende!) et il serait dur de débiter des généralités plus banales et moins développées.

Ensuite, je trouve fort indisposant d'entendre de quelqu'un qui a l'anglais plus volontier en bouche que sa langue natale (toutes allusions entendues) , et l'on sentira la profonde portée de ces paroles pleines de réflexions historiques longuement fouillées, que le Québec est quelque chose à chérir et à promouvoir. Fuck la nuit des longs couteaux, le rapport Durham, les standards d'immigration diahrréique de 96: Garneau nous aime, tsé!

Enfin, comme troisième point, et là vraiment cest le pied total, je m'en contorsionne en un petit amas, je m'en implose vers un autre univers, Garneau veut un Canada progressif et fiscalement responsable...
...
Se souvient-il qu'il est un libéral? Messemble qu'à sa place, j'aurais comme, essayé un peu de faire oublier ce petit détail cute-là.
Fiscalement responsable!
Elle est bonne!
C'est vrai que saigner les étudiants comme de duveteux poulets, enregistrer ses pavillons aux bucoliques îles mouk-mouk, surenchérir de mignonnes et dodues commandites, c'est fiscalement responsable en saint cantique! Progressiste, aussi, y'a pas à dire! Ah, et le désiquilibre fiscal c'est comme la fée des dents je suppose?
Le monde de Villeray pogné avec le fils de PET ont bien de quoi se plaindre, mais à libéraux égaux, c'est pas évident de clancher Garneau.

En conclusion, Je me rends compte de mon peu de connaissances politiques; cependant, à ce point-là d'absurditée, pas besoin d'être calée pour être découragée.
Tant qu'à être députisée par des clounes, je pourrais aussi bien m'exiler à Port-Neuf.

19.11.07

Saisie ouane.

It’s half past noune.
Et nous revoilà donc en pays de connaissance. Je m’y remets, parce qu’il n’y a officiellement pas de crime à faire des dévidoirs de mots, à les faire débouler avec un talent approximatif. Mâchouillement de phrases quasi-quotidien, la pertinence n’étant pas garantie…

Capitulation?
Je m’étais mis comme condition, avant de recommencer un journal, de réviser les 618 pages de l’ancien web-carnet . Ça en faisait beaucoup trop à me mettre sous la dent…
Ensuite, je ne me permettais de recommencer qu’à la condition d’avoir une direction bien claire, des plans bien établis, des sujets bien sérieux, un style bien travaillé.

C’était mal me connaître. Tel le roseau, je ploie sous la contrainte, et ne me brise jamais à la discipline. Ou du moins, l’apprentissage de la volonté se fait chez moi si lentement qu’il est vain de me soumettre à de si grandes tâches d’or et d’avant tout.

Je pourrais donc justifier mon retour au scribouillage par une tentative de renforcement mnésique : ma vie me fuit, tout se confond une fois la minute consommée.
Le motif réel, c’est que, comme chose (Arthur C. Clark? Un autre?), je ne me sens pas exister si je ne me consigne pas quelque part. J’ai la sensation persistante que tout s’échappe de moi, comme des courants d’air qui ne peuvent être colmatés. Envolées de grains de sable. Je suis pleine de fissures et les connexions synaptiques me font parfois défaut. J’essaie donc de rattraper ces instances fugitives, avec de grands filets lancés au hasard dans les airs. Quelque fois je fais une bonne prise, d’autres, non.

Alors voilà. Que dire? Mes paumes s’en revolent vers les cieux devant cette question.
Je continue à ne revendiquer cette écriture que comme une sauvegarde, au mieux une balise. Drill de mots.
Ceux qui me connaissaient déjà seront peut-être contents de me voir ressaisir la plume publique. Quant aux autres, et bien, on finit par s’habituer, vous allez voir.